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Conseils

Peppol : concerné même si vous ne vendez qu'aux particuliers

« Je fais du comptoir et de la salle, je ne facture personne : Peppol, ce n'est pas pour moi. » C'est la phrase qu'on entend le plus, et elle n'est vraie qu'à moitié. Elle est exacte sur vos ventes : un ticket de caisse reste un ticket de caisse. Elle est fausse sur vos achats — et c'est de ce côté-là que l'obligation vous rattrape, parce que vos fournisseurs, eux, sont assujettis.

Parler de mon établissement Je veux changer de comptable

Émettre et recevoir : deux obligations distinctes

Réponse directe : vous n'avez pas à émettre vos ventes en facture électronique, mais vous devez pouvoir en recevoir. La facturation électronique structurée régit les opérations entre assujettis, et elle s'applique depuis le 01-01-2026. vérifié le

Séparez donc les deux mouvements de votre établissement.

  • En sortie — comptoir, salle, terrasse, take-away : vous vendez à des particuliers. Rien ne change, le ticket de caisse reste le ticket de caisse.
  • En entrée — grossiste, brasseur, boucher, blanchisserie, loueur de matériel, prestataire informatique : ce sont des assujettis. C'est là que la facture électronique structurée s'impose, et c'est vous qui devez être en état de la recevoir. vérifié le

Autrement dit : l'obligation ne se mesure pas à ce que vous envoyez, mais à ce que vous êtes — un assujetti à la TVA.

Vos exceptions en sortie, celles qu'on oublie

Un établissement horeca émet plus de factures professionnelles qu'il ne le croit. Trois cas reviennent constamment, et tous relèvent bien du B2B :

  1. Le séminaire ou le repas d'entreprise facturé à la société qui l'organise.
  2. Le buffet ou la prestation traiteur livrée à un client professionnel.
  3. La note d'hôtel réglée par l'employeur du client, ou refacturée à sa société.

Un établissement qui « n'a jamais de clients professionnels » en a souvent quelques dizaines par an. Ce sont ceux-là qu'il faut identifier avant de conclure que la sortie ne vous concerne pas.

« Peppol » n'est pas le nom de l'obligation

La nuance paraît théorique. Elle cesse de l'être le jour où un prestataire vous vend « la conformité Peppol » à l'abonnement. Ce que la loi impose, c'est une facture électronique structurée conforme à la norme européenne. Peppol est le réseau retenu par défaut pour l'acheminer — celui que vous utiliserez selon toute vraisemblance, mais un canal, pas l'obligation elle-même. Deux parties peuvent convenir d'un autre canal conforme.

Ce que ça change pour vous est très concret : vous n'achetez pas « du Peppol ». Vous vérifiez que votre chaîne — logiciel comptable, cabinet, prestataire — vous permet de recevoir une facture conforme, et vous comparez ce que ça coûte. La question à poser à un fournisseur d'outil n'est donc pas « êtes-vous Peppol ? » mais « qu'est-ce que je reçois, sous quel format, et où est-ce que ça arrive ? »

Quatre choses à mettre en place

  1. Un point d'accès au réseau, via votre logiciel comptable, votre cabinet ou un prestataire. C'est la partie technique, et c'est la plus simple.
  2. Des données d'entreprise exactes. Un numéro d'entreprise erroné ou une dénomination périmée empêche purement et simplement la réception. C'est la cause no 1 des factures « jamais arrivées ».
  3. Une destination et un valideur. Où arrivent les factures reçues, et qui les approuve ? Sans cette décision, la facture électronique ne remplace pas le classeur : elle s'y ajoute, et vous avez deux circuits au lieu d'un.
  4. Un circuit d'approbation adapté, en particulier si plusieurs établissements commandent séparément. C'est le point que les exploitants multi-sites sous-estiment le plus.

Ce que ça change pour votre établissement

  • Les factures fournisseurs égarées deviennent rares. C'est le vrai coût caché de l'horeca : une facture d'achat de 300 € HT à 21 % qui ne remonte jamais au cabinet, ce sont 63 € de TVA déductible perdus, et 300 € de charge jamais enregistrée. Dix factures dans l'année, et le montant dépasse un mois d'honoraires.
  • L'encodage cesse d'être de la ressaisie. Les montants arrivent structurés : les erreurs de saisie disparaissent, et le temps qui y passait revient au contrôle — c'est-à-dire à ce qui a de la valeur.
  • Un exploitant multi-sites voit enfin ses achats consolidés, fournisseur par fournisseur. Autrement dit, il peut négocier.
  • La TVA déductible remonte plus vite, parce que la pièce est disponible au moment où elle est émise, pas au moment où le classeur arrive au cabinet.

Deux confusions qui coûtent cher

Le seuil de 25 000 € n'exonère de rien

Le seuil de la franchise pour petites entreprises n'exonère pas de la facturation électronique. Et il n'a aucun rapport avec le seuil de 25 000 € de la caisse enregistreuse : deux règles différentes, deux calculs différents, le même chiffre — d'où la confusion. vérifié le

Tous les assujettis ne sont pas logés à la même enseigne

Certains régimes particuliers, dont le régime forfaitaire, bénéficient d'un report ; les assujettis non établis en Belgique sont hors champ, même lorsqu'ils y sont identifiés à la TVA. Si vous êtes dans un de ces cas, votre calendrier n'est pas celui de tout le monde — et cela se vérifie, cela ne se suppose pas.

Et si vous ne faites rien ?

Un régime de sanctions est prévu en cas de manquement. vérifié le Mais le coût immédiat n'est pas là : il est dans les factures qui n'arrivent pas, la TVA que vous ne déduisez pas, et les relances de fournisseurs pour des factures qu'ils ont pourtant bien émises. La sanction est un risque ; la facture perdue est une certitude.

Voir aussi

Questions fréquentes

Information générale, pas un conseil individualisé. Cet article décrit une règle applicable à la date de vérification indiquée ci-dessus. La matière évolue, et votre situation comporte des éléments qu'un article ne connaît pas. Avant toute décision, faites-la examiner sur votre dossier.